Mireille Cifali, Préserver un lien. Ethique des métiers de la relation, PUF, 2019.

Dans les métiers de la relation, l’impératif est aujourd’hui à la distanciation. Avec des outils, des procédures et des savoirs appliqués, la relation à un autre pourrait se maîtriser. Il n’y est plus question d’être touché, affecté, alors que le soin, l’éducation, l’enseignement, la formation, l’accompagnement social exigent une proximité ajustée, des paroles adressées, loin des slogans et des seules bonnes intentions.

Une relation professionnelle se travaille, elle oscille, sonne juste, dissone. Mireille Cifali invite à penser la qualité d’une présence qui soutient et affronte, en conservant la couleur des sentiments et la tonalité des mots prononcés. Dans une éthique professionnelle, elle réserve le possible d’une rencontre qui transforme, elle engage à comprendre les attitudes qui font souffrir. Si la transformation des métiers de la relation est inéluctable, demeurent des dimensions auxquelles tenir : celle relationnelle des gestes, celle affective des paroles et des regards, et celle encore intérieure des pensées. Préserver est un mot qui cherche à prendre soin d’une transmission d’humanité.

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Anne-Marie Dozoul et Long Pham Quang, Pour un hôpital vivant, Paris, L’Harmattan, 2018.

Pendant plus de vingt ans, les coauteurs ont animé et organisé des dispositifs de formation autour du thèmede l’interculturalité dans les soins touchant aux questions des croyances, des mythes, des rites, du rapport au corps, à la douleur, à l’alimentation, à l’intime, à la naissance, à la mort, à l’autre. De façon récurrente, les attentes de formation portent sur l’acquisition de savoirs sur l’autre. Ils sont nécessaires mais insuffisants.Nécessaires comme repères pour contextualiser, les savoirs s’avèrent néanmoins insuffisants s’ils empêchentd’accompagner, d’être avec l’autre. Instrumentalisés, ils servent alors à anticiper, maîtriser la rencontre avec la personne se retrouvant privée de parole puisque l’on sait à sa place. Dans cet essai, cet autre constitue unefigure emblématique de l’altérité qui est analysée en milieu hospitalier. À partir de nombreuses illustrations, les perspectives envisagées questionnent également l’étrange et l’étranger se logeant en chacun denous-mêmes et mobilisés dans toute rencontre.

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Mireille Cifali Bega, Fragments autour du geste de raconter, Revue ‹petite› enfance “Plaisir du récit, bonheur du mensonge”, n° 125, janvier 2018, p. 12-18.

Les humains appartiennent à une espèce narrative. Savoir raconter et savoir écouter des histoires sont des fondamentaux de l’humanité. Les enfants baignent dans ces pratiques narratives, apprennent à les élaborer et deviennent très vite des « racontants ». Pour autant qu’autour d’eux se trouvent des personnes capables de prêter attention à leurs récits. Ils sont d’ailleurs des spécialistes de l’histoire adressée. Ils racontent facilement des histoires de violence quand l’auditoire en est friand, des histoires d’héroïsme, avec des enchaînements particulièrement invraisemblables, quand c’est ce qui marche. L’histoire que l’on dit fait monde et nous fait appartenir au monde.

Publication récente

Voir aussi page “Articles 2011-2014”

Parution des Cahiers pédagogiques n°500, Apprendre au XXIe siècle, octobre 2012.

Mireille Cifali, Faire vivre l’expérience d’apprendre.

Written on novembre 26th, 2012 , publications (mc) récentes Tags: , ,

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